lundi 18 juillet 2016

ÉTÉ 2016 - LA NUIT DU COURT 4ème édition, la palme du succès

Savez-vous que cette année, le Comité de sélection de LA NUIT DU COURT-MÉTRAGE (édition 2016) a dû visionner plus de 350 courts-métrages, parmi lesquels seuls 16 ont été retenus ? La nette augmentation du nombre d’inscriptions aux principaux festivals de films courts en France et à l’étranger soulève de vraies questions, tant pour les jeunes réalisateurs que pour les organisateurs. Six intervenants se sont réunis autour d’une table ronde en juin dernier pour en discuter et tenter de trouver des solutions.
Jean-Marie Cayet, Président de l’association Cinéma de Pays et organisateur de la rencontre du court-métrage en Haute-Provence, souligne le bouleversement qu’a représenté l’arrivée du numérique. « Aujourd’hui, avec son appareil photo reflex ou son téléphone portable, n’importe qui peut faire un film de 30 minutes et le proposer à un festival ». Par ailleurs, avec Internet, des réalisateurs du monde entier répondent sitôt les inscriptions ouvertes, relève Christian Sylvestre, membre du Comité. Mais s’il se réjouit de cette possibilité d’ouverture à l’international, la surabondance de courts-métrages constitue aussi un problème…
Un travail titanesque.
La première difficulté : la quantité de travail que représente pour les sélectionneurs le visionnage. « On a très peu de temps à accorder à chacun d’entre eux, surtout en fin de sélection. On a tendance à être moins patients, beaucoup plus sévères avec certains courts », déplore Thierry Sapone, responsable du pôle court-métrage à Cinéma de Pays, précise que ce travail reste enthousiasmant : parmi la quantité industrielle de films à visionner se cachent de vraies pépites qui méritent d’être vues ! Et du côté des réalisateurs ? Sylvain Pelissier, membre d’un réseau de cinéastes de la région, ne ressent pas l’abondance de courts-métrages comme un réel problème. « Nous faisons confiance aux organisateurs de festivals pour garder l’esprit ouvert et ne pas céder au formatage ! ».
Amateurisme
Le numérique a démocratisé l’acte de faire un film mais pas le talent, s’exclame Jean-Marie Cayet. Sur ce point, tout le monde s’accorde : la qualité des courts-métrages proposés aux comités de sélection laisse parfois à désirer. « Tous les films ne se valent pas », et le président des rencontres du court-métrage en Haute-Provence rappelle que les autodidactes géniaux restent extrêmement rares… De nombreux candidats manquent des connaissances basiques pour faire du cinéma, ce qui se ressent nettement dans leurs films : aucune direction d’acteurs, scénario fragile, dialogues grotesques, technique mal maitrisée, etc.
Le cinéma c’est une école, un métier, une formation, des années de pratiques…
Des solutions imparfaites
Dans un tel contexte, comment donner leur chance aux réalisateurs prometteurs, les « presque inconnus du cinéma » avec lesquels travaille Jean-Marie Cayet ? Pour tenter de garantir aux courts-métrages reçus une certaine qualité, la nuit du court-métrage en Haute-Provence a mis en place un filtre : pour inscrire un film, celui-ci doit avoir un certain niveau de qualité technique et autres. Mais Christian Sylvestre explique que cette obligation, très facile à contourner, est loin d’être une solution satisfaisante. A Gréoux-les-Bains (04), la date d’ouverture des inscriptions a été avancée, ce qui permet au Comité de sélection d’avoir plus de temps pour visionner les courts. Cependant, cette initiative ne résout pas le problème de la surabondance des propositions !
Alors que faire ?
Certains festivals étrangers (Los Angeles, Venise, Berlin…) ont choisi de faire payer l’inscription, mais cette pré-sélection par l’argent est loin d’être une solution idéale, principalement parce qu’elle élimine d’office les œuvres à petit budget. A Gréoux-les-Bains comme ailleurs, espérons que l’exception française de la gratuité soit préservée pour que le court-métrage reste la « matière vivante » que décrit Jean-Marie Cayet avec passion !

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